Les hommes du Moyen Age sont souvent amenés à manger hors de chez eux. Il en est ainsi des voyageurs, pèlerins, ecclésiastiques et marchands, des étudiants qui logent dans des chambres ou des collèges loin de chez eux, des ouvriers, artisans et marchands des villes qui restent à proximité de leur lieu de travail pour la pose déjeuné.
Si les restaurants tels que nous les connaissons aujourd’hui n’existent pas encore (il faudra attendre le début du XIXe siècle), de multiples formes de restauration rapide sont déjà bien présentes dans les villes médiévales. L’on peut choisir de s’installer à la table d’une auberge ou d’une taverne où d’acheter des petits plats préparés aux artisans de l’alimentation ou aux petits vendeurs de rue.
La restauration de rue
Il est très facile d’acheter des plats chauds dans les rues des villes médiévales. On trouve des plats préparés près à être dégustés sur l’étal du marché, aux ouvroirs des boutiques, auprès des petits vendeurs itinérants. Les vendeurs sont très spécialisés :
Les éschaudeurs vendent les échaudées (des galettes passées à l’eau bouillante).
Les nieuliers proposent les nieules (pâtisserie très mince faite de pâte au levain ébouillantée et séchée au four).
Les fouaciers fabriquent des gâteaux au beurre et aux œufs.
Les gasteliers
Les gaufriers
Les oubloyers (oublieurs) vendent des oublies (gaufrettes ornées de signes religieux)
Le saucier propose des sauces
Les tripiers fabriquent et cuisinent les tripes en pleine rue.
Les pâtissiers vendent des pâtés à la viande et au poisson, des rissoles de porc et de veau, des pâtés en croûte farcis au saumon, à l’anguille, au porc, à la bécasse.
Les regrattières vendent des légumes, des fruits et du fromage.
Certains, comme les pâtissiers et les charcutiers, ont une boutique et vendent chez les cabaretiers et aubergistes. D’autres, comme les oubloyers et les regrattières sont des marchands des rues et ne possèdent pas de boutiques. Ils s’installent aux abords des marchés, aux carrefours et sur les places publiques. Les dimanches et jours de fête, ils vendent leurs produits sur les parvis des églises à la sortie de la messe.
Du cabaret à l’hôtellerie
A partir du XIe siècle, l’essor du commerce favorise la multiplication des cabarets, des auberges et des tavernes. A Paris au XIVe siècle, il y a 200 cabarets et auberges pour environ 100 000 habitants. A Florence, on compte 600 auberges au XIVe siècle En 1450, Toulouse compte 30 hôtelleries et 40 auberges. Toutes accueillent des marchands et voyageurs de plus en plus nombreux. Cependant, elles n’ont pas les mêmes fonctions. Les cabaretiers et taverniers proposent de la boisson, vin et cervoise, hydromel, pain, fromage. Les aubergistes offrent le gîte et le couvert. Ils vendent du vin et de la bière mais aussi des repas simples. Dans la plupart des hôtelleries, les clients n’ont pas de service de nourritures. Ils achètent alors des produits au marché ou amènent des provisions, la vaisselle et parfois même du bétail sur pied. A la fin du Moyen Age, les hôteliers commencent à préparer des repas copieux que les voyageurs commandent d’avance en envoyant une avant-garde. Par exemple, l’hôtellerie de la Couronne, rue du Temple à Toulouse propose 15 lits et 6 tables. Elle est équipée d’une cuisine, d’écuries d’un rez-de-chaussée, d’une salle de repos au premier étage et de lits dans les niveaux supérieurs.
Les auberges et les hôtelleries sont installées sur les lieux de passages, près des ponts et des carrefours, sur les marchés et les ports. Les quartiers universitaires regroupent de nombreuses tavernes. Les étudiants et les maîtres y font des repas pour fêter l’arrivée ou le départ des nouveaux membres. Par exemple, à Paris, la nation anglaise organise un banquet annuel dans une taverne, à l’Image Notre Dame en 1364 et chez Le saumon en 1369 et 1373.
Les auberges sont des lieux très fréquentés et cosmopolites où se mêlent la population locale et les gens de passage. C’est un espace de convivialité et de sociabilité important au sein de la ville. On vient y écouter les dernières nouvelles de la région et du royaume. Les hommes viennent y boire un verre entre amis tout en jouant aux dés, après la journée de travail. Les marchands y passent des contrats et y concluent des affaires devant un verre de vin ou de bière.
Si certains établissements ont pignon sur rue comme l’auberge de la Couronne, à Aix-en-Provence. Effectivement cet établissement reçoit la belle clientèle : grands marchands, officiers de cour, ecclésiastiques. D’autres n’ont pas une bonne réputation. Certains cabarets et certaines auberges de bas-étages sont des coupes gorges, des lieux de perdition, de débauche et ivrognerie. Ils profitent de la diversité et de la mobilité de la clientèle pour développer des activités de contrebande. Certains ouvrent des salles de jeux de hasard, vendent du vin falsifié et versent dans le proxénétisme et la prostitution.
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