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objets du quotidien

Vendredi 3 août 5 03 /08 /Août 17:58

Les premiers verres fabriqués par l’Homme sont originaires de Mésopotamie, de Syrie ou d’Egypte et datent du troisième millénaire avant Jésus-Christ. Le soufflage du verre, mis au point par les Romains au premier siècle avant Jésus-Christ, permet de développer considérablement la production et d’augmenter la taille des objets. Le verre possède des qualités uniques et spécifiques, la transparence, la pureté et la réflexibilité, l’éclat, une absolue étanchéité. De plus il n’altère pas les liquides contenus. Malgré sa fragilité, tous ces avantages en font un produit recherché tout au long du Moyen Age.

 

Le verre est fabriqué à partir de silice à hauteur de 59 à 75% de sa composition, de produits alcalins et de chaux. Les produits alcalins (soude, potasse sous forme de carbonates) sont utilisés comme fondants pour réduire le point de fusion du mélange vitrifiable et allonger la durée pendant laquelle le mélange reste malléable pour façonner la pièce. Ces fondants sont d’origine variée. Dans l’ouest de la Méditerranée, les verriers utilisent les plantes marines comme la salicorne. Dans le nord de la France et en Angleterre, on utilise la varech et des algues. Tous ces fondants sont dits sodiques. Dans l’intérieur du continent les plantes marines sont remplacées par des fougères voire des cendres de sapin ou de hêtre en Allemagne et en Bohème. Ce sont des fondants potassiques. La chaux permet au verre de ne pas se dissoudre dans l’eau. Elle est utilisée sous forme de sable comportant des coquillages, de cendres de végétaux ou de roche calcaire.

 

Le travail du verre se fait en trois étapes :

La première fonte : fusion du mélange constitué du fondant et du vitrifiant. On obtient ainsi un agrégat partiellement vitrifié, appelé « fritte ». Celle-ci est ensuite sortie du four pour être brisée à la masse avant d’être placée dans un creuset et remise au four.

On procède ensuite à l’affinage du verre en augmentant la température jusqu’à 1300/1400 degrés pour éliminer les bulles et sulfates et obtenir une masse vitreuse fondue qui permette le travail du verre par moulage et soufflage.

Une fois façonné l’objet est déposé dans le four de recuit pour un refroidissement très lent.

 

verrerie

Travail dans une verrerie (Manuscrit de Sir John Mandeville's Travels, vers 1420, Londres, British Library)

 

L’outillage de l’artisan verrier n’évolue guère de l’Antiquité au XVIIIe siècle. Il comprend la canne, le pontil (tige de fer ou d’acier utilisée pour fixer la pièce par le fond avant de la détacher de la canne), les fers et les ciseaux en métal, des moules et creusets en argile réfractaire, des palettes et des mailloches (sorte de louche en bois permettant au verrier de régulariser la paraison du verre) en bois et le marbre (surface polie sur laquelle l’ouvrier roule la paraison en la soufflant légèrement) en pierre ou en marbre. Un atelier verrier possède plusieurs fours ou un four compartimenté pour réaliser les différentes étapes du travail du verre.

 

Les verriers produisent des verres translucides, plus ou moins purs, plus ou moins teintés naturellement par les composants de base. Les verres des régions à sols ferrugineux sont verdâtres. Ceux du Midi sont jaunâtres. Les verres normands sont blancs transparents. Le verre parfaitement translucide est fabriqué à Venise dès le XIIIe siècle.

Certains verres sont artificiellement colorés par des oxydes et des sels métallurgiques ajoutés pendant la fusion. Le violet est obtenu avec le manganèse ; le noir à partir du cuivre, du manganèse ou du fer ; le bleu à partir du cobalt. Le cuivre et le fer donnent le vert, l’étain, un blanc laiteux. Le jaune est obtenu à partir de l’antimoine et du plomb.

 

La production de verre augmente et se diversifie à partir des XIIe et XIIIe siècles : verre à vitre, gobelets, verre à tige, bouteilles et flacons divers, encrier, sablier, besicles (ancêtre des lunettes), urinal, lampes. On trouve des ateliers de verriers dans toute l’Europe, dans des zones forestières réunissant les principales matières premières nécessaires à la fabrication du verre : bois pour alimenter le four, fougères pour préparer le fondant, sol gréseux pour obtenir la silice. Ainsi les verriers lorrains s’installent surtout dans la Vôge, au sud du duché. Une charte de Louis VII datant de 1179 témoigne de la création de fours de verriers dans la forêt royale de Compiègne. L’un des lieux de production les plus réputés est Venise. Les verreries apparaissent au Xe siècle et commencent à prendre une importance européenne à la fin du XIIIe siècle. Dès 1281, les verres vénitiens sont exportés par des marchands ambulants allemands. A partir de 1350, les exportations de verreries vers Vienne, Londres et les Flandres se font plus importantes, mais la production n’est encore constituée que d’objets d’usage courant : bouteilles et verres essentiellement. C’est au XVe siècle que commence la production verrière de luxe de Venise. Le procédé de fabrication du cristallo est mis au point vers 1450 et assure la prédominance vénitienne sur tous les autres centres verriers européens pendant deux siècles.

Par Jehanne et Eloïse - Publié dans : objets du quotidien
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